Flash-back :
Pour changer, dans un palace, 3 étoiles…Enfin un motel s’appelant Palace avec un néon faisant clignoter trois étoiles sur les cinq de prévues, crise quand tu nous tiens …
-Donc il ressemble à un djinn ?, demanda Dean.
- De manière différente mais oui, à la différence d’un djinn, un kisai lui aussi te plonge dans un sommeil profond mais diffère un peu sur la forme. Il demande à sa victime son souhait le plus profond, le plonge dans un sommeil éternel, mais cela s’arrête là. Enfin cela s’arrête avec la mort de la victime …
Sam regroupa les différentes feuilles éparpillées autours de lui et ouvrit son ordinateur.
-Où trouve-t-il alors son plaisir ? Il ne lui prend pas son sang, son énergie ? questionna l’ainé, qui engouffrait une insulte à tous les diététiciens du monde : un hamburger saturé de graisse.
-Non, certains traités disent qu’il aime le pouvoir qu’il a sur ses victimes, il aime détruire une famille, en endormant ses victimes, étant donné qu’il les sépare de la réalité, y a des dommages collatéraux on va dire ….Avoir le pouvoir sur un être humain, une famille, c’est jouissif. Et sa technique est toujours la même, demander l’air de rien à des gens de passage rencontrés dans des bars, transports en commun, leur souhait, il est fort pour s’attirer les confidences des gens …
-Subtile, murmura le jeune homme.
Si Sam à ce moment-là, avait regardé son frère, le regard de ce dernier l’aurait intrigué et Sam aurait fait ce qu’il sait faire de mieux, interroger Dean, entendre et interpréter ses silences.
Mais Sam avait le nez plongé dans l’ordi.
Il ne vit rien.
Ils cherchèrent le kisai, plusieurs jours, celui-ci leur donnait l’impression de jouer à cache-cache… Ce qui est amusant pour des enfants, pas pour des chasseurs… Dean était vraiment obsédé par cette affaire, Sam allant même jusqu’à l’obliger de se reposer, dormir.
Castiel et Cie les laissaient seuls, et Sam s’en foutait royalement, même Ruby et son absence l’indifféraient.
Il avait un drôle de sentiment, celui qui lui dit « surveille-le, il va mal ».
Et quand cette voix surgit, Sam l’écoute attentivement.
Il savait que quelque chose était brisé entre eux, mais rien n’est irréversible, n’est-ce pas ? En tout cas, c’était son sentiment.
Un accroc dans un vêtement est toujours raccommodable, c’est le cas entre eux, il fallait juste trouver la bonne aiguille et le fil, et Sam s’employait à ça.
Mais la chasse l’empêchait d’être à fond dans son optique de renouer ce lien. Raccommoder cet accroc.
Et un jour, enfin, le démon, ils l’avaient trouvé, dans un hôpital.
Quel meilleur endroit ? Là où se réunissent les peines des gens, leurs douleurs, leurs espoirs…Une mère s’inquiétant pour son fils, un vieil homme pour sa compagne depuis 30 ans…Où les infirmières sont usées avant l’âge, les docteurs désabusés derrière leurs masques de certitudes… L’endroit parfait !
Un vivier de gibiers !
Ils avaient atterris, suite à leur course contre le kisai, dans le ventre de l’hôpital, ses tripes : le sous-sol.
Humide, froid, gris, des gargouillis sortaient des tuyaux, les gouttes qui s’échappaient de ceux-ci étaient comme un métronome.
Sèches, régulières, implacables.
Les tunnels longs, raides continuaient à donner cette impression de rigidité, brisés seulement par quelques rats, et les respirations des deux chasseurs…
Les flaques, provenant de l’humidité, leur donnaient le sentiment qu’à tout moment les tuyaux pouvaient sauter et eux se retrouver noyés, c’était impossible, mais le sentiment d’être étouffés, cette eau, créait une peur jusqu’ici inconnue pour eux.
Leurs mobiles ne captaient rien.
Ils étaient vraiment dans les entrailles de l’hôpital, la vie se trouvait là-haut, ici on emmenait les morts à la morgue…Et les chasseurs à la proie.
Mais qui étaient la proie et le chasseur ?
Ici-bas, tout avait l’air différent.
Froid.
Définitif.
Sam retint un frisson et un cri quand il vit passer un rat.
Il aurait crié, dans 20 ans Dean en parlerait encore !
Sam en avait marre, du froid, des tunnels, d’un Dean encore plus silencieux, il pensait que cela était impossible, grossière erreur.
Dean ne parlait pas, plus, et surtout le plus inquiétant, Dean semblait réfléchir ! L’Apocalypse ? Sur votre gauche, merci !
Sam s’inquiétait surtout suite à la conversation qu’il avait eu dans la voiture.
« Sam, tu aurais le kisai devant toi, il te demande un vœu, tu lui réponds quoi ? »
« … »
« Sam, quel vœu tu demandes ? »
« Tu es sérieux Dean ? Tu rentrerais dans son jeu ? Après le coup du Djinn ? Tu recommencerais l’expérience ?! »
« C’était pas l’Enfer » il ricana à cette phrase, « Avoir une vie normale… »
« Tu es sérieux, Dean ? Tu regrettes de t’en être tiré ? »
« … »
« Dean… »
Dean n’avait pas répondu, Sam était estomaqué, Dean était sérieux…Merde …
Et les voilà là, à poursuivre un kisai qui pourrait exaucer un vœu à Dean.
Sam était à un stade où il espérait ne pas le trouver ou le voir le premier et le dégommer !
« Oh Dean, désolé il est mort ! Tant pis ! Une bière ? »
Oui, il fallait qu’il le trouve en premier …
Une ombre !
Ils commencèrent à courir, Dean devançant Sam, alors ce dernier accéléra et glissa dans une de ses maudites flaques ! Il tomba, en voulant se relever le plus vite, une douleur à la cheville gauche le fit grimacer.
Merde !
Tant pis ! Il se leva et essaya de marcher le plus rapidement possible.
Cette satanée voix lui répétait sans cesse comme un leitmotiv : « surveille-le, il va mal ».
Il arriva devant deux silhouettes, celle de son frère et du démon caché dans l’ombre.
Dean entendit la respiration hachée de son cadet.
Il tourna la tête vers lui, et ce que vit Sam le brisa.
Le visage de Dean reflétait de la tristesse et de la lassitude.
Une unique larme coulait sur sa joue et une parole muette passa sur ses lèvres : « Désolé ».
Le démon posa ce qui ressemblait à une main gantée de noir sur la poitrine de Dean.
Ce dernier tomba en arrière, le visage toujours tourné vers son frère.
Quand il toucha le sol, ses yeux se fermèrent comme ces poupées qui quand elles sont allongées, ont un mécanisme qui leur clôt les yeux, mimétisme du sommeil humain.
Sam cria.
Le démon s’envola dans l’obscurité du couloir.
