Mes boss et moi. par Alma


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Note de l'Auteurs:
Un two-shot,tout simple !



Je roule depuis des heures, admirant le paysage devant moi.
Composé d’arbres, d’herbes hautes, il me fait apprécier mon boulot qui est tout, sauf routinier !
J’ai côtoyé certains, certaines de mes collègues, qui ne font que des allers-retours, banals, insipides, moi je remercie mon patron qui ne me fait pas subir cette torture.
Ah ! Mon patron veut aller plus vite !
Il vient de passer la cinquième !
Oups ! Je suis désolé, je ne me suis pas présenté, je deviens malpolie !
Impala Chevrolet.
Mon patron, Dean, m’appelle Bébé, mais lui seul à le droit, son associé (s’il savait que je dis ça, il se vexerait) ne me donne pas de nom, il dit juste Elle, mais je ne lui en veux pas ! Il ne me conduit que rarement, nous n’avons pas la même complicité qu’avec son frère.
Je suis employée par les Winchester depuis assez longtemps pour considérer ses deux hommes comme mes garçons.
Je veux dire, certains les appellent comme ça « mes garçons » par-ci, « mes garçons » par-là sont vraiment aucune raison, preuve.
Moi, je côtoie les Winchester depuis longtemps, cela a commencé avec Winchester Senior ! L’employeur qui le précédait ne pouvait plus me garder ,nouvellement fiancé, il devait donner l’image d’un futur père ,sérieux ,ennuyeux et mon apparence ,qui provoque des jalousies ,des envies ,me donne l’attitude de ...Comment dire ? Quelqu’un de léger, que voulez-vous les préjugé d’une forme, d’une couleur sont difficile à enrayer.
John quand Mary était de ce monde me conduisait de manière douce, détendue.
Comme sa vie.
Bien sûr, il y avait des disputes avec sa femme, chacun ayant un caractère, les disputes que je voyais le plus, étaient celles qui provenaient de partitions dans des coins perdus !
Alors, j’entendais des « Tu vois à gauche, c’était à gauche ! », « Tu ne sais rien, quand tu montres gauche, le plus souvent tu montres ta droite, tu ne sais pas les différencier ! », « En tout cas, je sais différencier une personne honnête, d’une personne de mauvaise foi ! ».
Cela finissait en silence, jusqu’à que le bon chemin soit retrouvé …
A la mort de Mary, tout cela m’a manqué…Dean, John étaient silencieux, Sam vu son âge, babillait inconscient de l’atmosphère étouffante que je recelais.
Puis le temps aidant, l’adolescence des enfants, je redeviens remplie de blagues, musique, rire …
Puis John, Winchester Senior m’a légué à son fils ainé.
Je me rappellerais toujours de cette matinée froide.
Sur un parking de motel, où quelques minutes avant, j’avais vu d’autres collègues, toussotaient, crachaient, râlaient pour ne pas bosser, même si je devinais que certains n’y mettait pas de mauvaise volonté mais avait réellement du mal, et pourtant ils étaient plus jeunes que moi ! Leur patron devait ne pas s’occuper d’eux correctement … Le mien, Dean, est une perle ! Un patron comme on n’en fait plus ! Fidèle, toujours à l’écoute, être à son service est un honneur, qu’on m’arrache le moteur si je mens !
Mais je m’égare ! Donc revenons à ce jour où John m’a léguée à son fils.
Je me souviens comme si c’était hier : le sourire plein de tendresse de John que ce dernier essayait de démentir par des ordres tel que : « Et attention, je te la confie, tu devras en prendre soin ! C’est une dame ! Pas une vulgaire Japonaise ramassée sur le trottoir ! Au moindre problème, rayures, je la reprends ! »
Dean ne pipait mot.
Il avait les clefs dans la main, les fixant comme si elles allaient s’enfuir.
Puis son regard se posa sur moi.
Brillant, écarquillé. Il avança ses doigts tremblant sur moi, glissant, me frôlant, me donnant des frissons dans ma vieille carlingue.
Sa respiration s’accélérait, la buée sortant d’entre ses lèvres, devenant plus importante, et finissant par disparaitre avant d’atteindre le ciel.
Une de ses bagues, racla ma carrosserie et Dean, enleva sa main me regardant avec peur, cherchant, la rayure, faille que sa bague aurait osée laisser.
Il souffla un nuage de buée plus important, voyant qu’aucune empreinte n’était laissée et passa la manche là où ces doigts avaient trainé, pour me faire briller.
John eut l’air satisfait de cette réaction et nous laissa.
L’aîné monta, installa ses longues jambes et commença à me mettre à son service.
Il commença par régler le siège, cherchant la bonne position pour le dos, les jambes, les bras sur le volant.
Volant qu’il caressa, chauffa.
Il alluma mon moteur, me fit rugir.
Un sourire béat sur le visage, il marmonnait « A moi, elle est enfin à moi ».
Puis on démarra, en trombe.
Je n’en étais pas choqué Winchester Sr faisait pareil, j’étais habitué à la rudesse.
Dean ne dérogeait pas à la tradition !
J’étais peut-être une dame d’un certain âge, mais je n’étais pas encroutée comme certaines jeunettes, câlant à peine à quelques kilomètres !
J’étais, je suis une excellente employée !
Puis, on s’arrêta plus loin sur le bas côté, quelques herbes chatouillaient mes roues et je sentais quelques insectes me frôler.
Dean coupa mon moteur, posa sa tête sur mon volant, ses deux mains agrippées. Et il murmura enfin ce qui deviendrait sous son « règne », mon prénom : « Bébé, enfin »